À quoi pense une femme candauliste lorsqu'elle va à son premier rendez-vous coquin, seule, sans son homme ?
Première,
Les chauves-souris grincent dans ma tête.
Toujours plus nombreuses, elles font la fête.
Pour la première fois, je vais le faire
Sans lui. Être en solo et non en paire
Marque une étape dans ma liberté
D’assumer toute ma féminité.
Pour aligner ma détermination
Chevillée au cœur et l’exécution
De cet acte de foi, j’ai dû puiser
Tout au fond de moi et enfin oser.
Ma résolution fut souvent testée ;
J’ai parfois douté, souvent hésité.
Je m’interrogeais ; n’avais-je pas tort
En voulant piquer mon mari si fort ?
Notre couple est mon bien le plus précieux,
Un havre d’amour, mon grand diamant bleu.
Lorsque je m’en suis ouverte à mon homme,
Un bref instant il fut coi, un fantôme.
J’ai eu peur de l’avoir perdu en route ;
Mes certitudes cédaient face aux doutes.
Mais, alors que je redoutais l’orage,
Lui, mon homme, me redonna courage.
« Ta liberté est mon plus grand bonheur.
Et même si ça pique fort mon cœur,
Nul doute que tu reviendras encore
Plus amoureuse dans nos cœurs à corps.
Je sais que tu ne me cacheras rien
De vos ébats. Va ma chérie, jouis bien ! »
J’ai donc couru rejoindre mon amant
D’un soir, charmeur, puissant et endurant.
Drapée dans l’amour fou de mon cocu,
Quoique dévêtue, je n’étais pas nue.
Quand il eut terminé de me baiser,
Quand mon sexe fut enfin rassasié,
Mon amant disparut, seul, dans la nuit.
C’est un rôle bien cruel que celui
De mâle candauliste. Quant à moi,
Je volai revivre tous mes émois
Avec la queue de l’homme de ma vie
Vérifiant de son foutre mon récit.
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